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Editorial

Deuxième hors-série de notre revue :

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"Mettre en scène le conte"

Après « Mettre en scène l’événement » à partir du cas de la pièce 11 septembre 2001 de Michel Vinaver, ce hors-série aspire à ouvrir un espace de réflexion autour du conte en scène à partir de l’étude de la réécriture théâtrale de Cendrillon par l’auteur-metteur en scène Joël Pommerat.

 

Agôn, toujours solidaire des intermittents et des précaires

« Vivre veut dire prendre parti. Qui vit vraiment ne peut ne pas être citoyen et parti prenant. L’indifférence est apathie, elle est parasitisme, elle est lâcheté, elle n’est pas vie. […] Ce qui arrive, arrive non pas parce que certains veulent qu’il arrive, mais parce que la majorité abdique sa volonté, laisse faire, laisse se grouper les nœuds qu’ensuite seule l’épée pourra couper, laisse promulguer les lois qu’ensuite seule la révolte fera abroger, laisse aller au pouvoir les hommes qu’ensuite seul un mutinement pourra renverser. » Antonio Gramsci , « indifférent » Février 1917

Aujourd'hui, une grande partie des intermittents sont en grève : de nombreux spectacles ont été annulés au sein d’importants festivals ; ceux à venir sont en grave péril en raison du refus du gouvernement d’entendre les revendications qui lui sont adressées, cela depuis plusieurs semaines. L’accord du 22 mars sur l’assurance-chômage témoigne, en effet, d’un défaut patent de légitimité démocratique et sous des apparences majoritaires celui-ci a été construit en déconnexion totale avec les principaux intéressés, sans dialogue préalable, en dédaignant des solutions concrètes auxquelles des parlementaires avaient travaillé pendant près de deux années. Le paritarisme qui donne les pleins pouvoirs au Medef, plaçant le gouvernement dans la seule position d’agréer ou non un accord considéré comme insatisfaisant, témoigne de la dimension proprement idéologique et politique de ce combat. La mobilisation des intermittents met aujourd’hui l’accent sur cette reconfiguration sociale qui laisse le gouvernement sans voix, elle conteste un modèle qui cherche à se faire passer pour un état de fait et un fait de l’État. Loin de n’être qu’une revendication enfermée dans des impératifs catégoriels, cette question portée par le mouvement des intermittents et des précaires nous concerne tous puisque la discontinuité de l’emploi propre au secteur du spectacle a gagné la plupart des conditions de travail et de recrutement.

Aujourd’hui, l’intermittence peut véritablement être pensée comme une nouvelle manière d’articuler emploi et chômage, salariat et travail indépendant. Déplaçant les oppositions apparentes entre temps productif et temps chômé, entre subordination et autonomie, le modèle de l’intermittence nous invite à reconsidérer autrement les droits sociaux et la nature du revenu indépendamment de l’emploi et du chômage. Et c’est parce que le mouvement actuel de mobilisation des intermittents est porteur de nouveaux droits sociaux, permettant d’assurer la continuité des droits et du revenu dans des situations de discontinuité d’emploi, qu’il nous concerne tous : la précarisation croissante des emplois n’a fait que renforcer le chômage et la pauvreté endémique dans une économie caractérisée de plus en plus par la flexibilité et la déconnexion subie entre le travail et les conditions de revenu. Ce que promet le modèle économique de l’intermittence d’avant 2003, c’est un modèle de continuité de revenu, construit sur un principe de mutualisation ; un modèle applicable à tous, permettant d’envisager une socialisation de la rémunération, en renversant le rapport entre travail et société, entre coopération sociale et division du travail ; un modèle permettant ainsi d’envisager la coopération comme puissance créatrice multiple et condition d’une liberté pour agir ensemble et pas seulement comme fonction de production.

Aujourd’hui, ce sont deux modèles de société qui se font face – et cette situation nous concerne tous. Car ainsi que le rappelait Marie-José Malis dans un récent communiqué daté du 18 juin 2014 : « L’histoire, c’est ce qu’on en fait. Nous travaillerons donc, non pas seulement à résister, mais à inventer un courant nouveau et souverain. Il faudra de la méthode, de la rigueur, de l’obstination, et de la vérité donc du courage. Et je sais que nous ne serons pas seuls ».

Alors non, nous ne serons pas seuls. Et l’ensemble des membres de la revue Agôn tient à manifester son total soutien et sa solidarité inconditionnelle avec tous les précaires et intermittents.

Il y a tant à faire pour que demain ne soit pas le simple produit de circonstances subies.

Et nous le ferons, avec tous ceux qui se mobilisent, pour que les faits ne mûrissent pas à l’ombre, entre les mains de quelques uns.

Le comité de rédaction de la revue Agôn

Aude Astier, Marion Boudier, Alice Carré, Émilie Charlet, Caroline Châtelet, Aurélie Coulon, Sylvain Diaz, Antony Liébault, Barbara Métais-Chastanier, Anne-Sophie Noel, Anne Pellois, Françoise Poulet, Marion Rhéty, Julie Sermon, Marion Siéfert, Arianne Zaytzeff.


Voici quelques liens pour prolonger ce court texte :