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Marine Auriol

Portrait d’auteur : Marine Auriol

Prénom : Marine

Nom : Auriol

Née en 1979

Auteur, metteur en scène, marionnettiste

Textes : Les Chroniques du Grand Mouvement, saga futuriste en douze épisodes, Il faut des ponts pour que l’eau coule dessous, Le Kid, Buckshot, Regards bridés, J’ai marché sous les pierres, L’ogre d’Aloïs

Influences : Les romans d’anticipation : L’Ange de l’abîme de Pierre Bordage, les romans de Jean-Michel Truong, les pièces d’Edward Bond.

Expériences de la scène : Collabore avec le collectif en 7, et crée en 2007 la compagnie Temps voyageur.

Questionnaire de Proust revisité

Ton état d’esprit en ce moment : J’ai peur de ne plus savoir écrire. Je sais que c’est idiot mais parfois ça me prend comme ça, une peur panique qui me réveille la nuit.

Ton lieu préféré : Pour écrire, un train, pour résoudre un problème d’écriture, n’importe quel endroit où je peux faire des kilomètres à pieds, pour respirer, des vignes médocaines!

Ton décor idéal : Le théâtre antique de Byblos (Liban) avec vue sur la mer.

Ta lumière idéale : Un petit matin blême au bord du saint Laurent (Québec), impossible de me remettre du décalage horaire, j’ai écrit le Kid aux alentours de 5h du matin !

Tes musiciens favoris : Purcell et Sonic Youth (beaucoup plus proches que ce qu’on pourrait penser !)

Le personnage que tu aurais aimé créer : Harry Haller, le loup des Steppes de Hermann Hesse

La question que tu préfères : « Qu’est-ce qu’on mange ? »

Quelques textes

Les Chroniques du Grand Mouvement

Saga théâtrale futuriste en douze épisodes

Zig et More, scène 2.

Quinze jours ont passé. C’est le matin. More est allongé sur le sol, son fusil contre lui. Zig est toujours debout sur sa mine. Il a l’air très fatigué. Il vacille un peu.

ZIG – (chuchotant) J’tiendrai, j’tiendrai, j’tiendrai, j’tiendrai. Il faut tenir jusqu’à ce que Luk vienne me chercher. Il va venir bientôt. Il ouvrira la gourde et on partira tous les deux. Ouais, on partira. On passera la ligne Est. On ira voir tous les deux ce qu’il y a derrière la ligne Est. Faut que je tienne. Il viendra avec Bouba. Bouba, c’est le plus fort pour les gourdes. Dormir. Bientôt, je pourrai m’allonger et dormir. Je dormirai toute la nuit et toute la journée aussi. Après, on passera la ligne. Peut-être que More dort. More dort. Pourquoi Luk n’est pas encore là ? Il dort pas souvent More, il faut qu’on en profite. Peut-être qu’il est mort. C’est vrai, il ne bouge plus, alors j’peux pas savoir s’il est mort ou pas. Hein, More ? Tu dors ou t’es mort ? (…) Tenir debout, tout droit, sans bouger. Respirer calmement. C’est ce qu’il m’disait Luk à l’entraînement. Si tu bouges trop, t’es mort. Allez Zig, tiens un peu plus. On peut tenir très longtemps sur une gourde, il suffit juste de le vouloir. Moi, j’sais pas si je veux tenir encore. Eh, More, tu dors ?

MORE – Non, gamin, je pense.

MORE – Je pense que tu délires tout haut. Ça veut dire que ce sera bientôt fini.

Texte publié aux Editions Théâtrales.

Il faut des ponts pour que l’eau coule dessous

Texte écrit en résidence à La Ferté-sous-Jouarre à partir de la topographie du lieu. Le texte est divisé en deux parties, « Rive gauche » et « Rive droite » qui peuvent se lire séparément ou dans la continuité.

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Buckshot

Littéralement « chevrotine » : se dit quand les fléchettes sont dispersées partout sur la cible. Dans un bar au milieu de nulle part, un défile de personnages venus s’abriter un jour de neige.

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Le Kid

Monologue d’un joueur de poker qui déroule sa vie comme une partie de cartes.

LE JOUEUR - Il ne s’agit pas de chance. Jamais. Ceux qui disent qu’il s’agit de chance ne savent pas à quoi ils jouent. Ceux qui comptent sur la chance sont certains de perdre. La chance est une pétasse d’allumeuse. On peut pas lui faire confiance. Elle te caressera la cuisse puis embrassera le cou d’un autre joueur dans la même seconde. La chance excite tout le monde mais ne couche avec personne. La chance s’amuse avec le joueur, elle le fascine. Elle danse devant son nez pour qu’il ne se maîtrise plus. Et quand il est fou d’elle, le cœur sec, elle l’abandonne comme un chien au bord d’une route la veille des grandes vacances.

Texte prochainement publié aux Editions Théâtrales.

Pour citer ce document

, «Portrait d’auteur : Marine Auriol», Agôn [En ligne], Portraits, Marine Auriol, mis à jour le : 15/12/2010, URL : http://agon.ens-lyon.fr/index.php?id=1376.