Souvenirs de théâtre, TNP
La mémoire du théâtre est une mémoire singulière, essentielle parce qu’elle peut être la seule chose qui reste du spectacle vivant par essence éphémère, et complètement subjective, transformant la réalité du spectacle en une mythologie à la fois personnelle et collective. Fonctionnant par condensation, cristallisation et fixation, elle est faite de petits détails qui restent et qui tout à coup constituent l’essence du spectacle. Il ne s’agit pas ici de travailler sur une mémoire de théâtre qui aspirerait à rentrer dans l’histoire par l’étude scrupuleuse de toutes les traces qu’un spectacle peut laisser derrière lui, matériaux divers constituant ce qu’il n’est pas encore ou bien ce qu’il n’est plus, ce qu’il n’est pas en tous les cas : un spectacle vivant. Nous voudrions ici recueillir ce qu’il reste de vivant dans le spectacle, à savoir son souvenir, si déformé, si subjectif, si erroné soit-il.
Ces textes-souvenirs pourront adopter une liberté de forme, de ton et d'expression : narration linéaire de la représentation ou bien commentaires de moments particulièrement frappants, jugement critique sur le spectacle ou bien relation du moment vécu en interférence avec l'histoire personnelle. Les contributions pourront également prendre la forme d’un entretien.
Afin de travailler sur la spécificité du souvenir théâtral, nous avons décidé d’arpenter un lieu précis, hanté par des années d’histoire de théâtre prestigieuse, produit de la décentralisation : le Théâtre de la Cité à partir de 1959, TNP à partir de 1972. En convoquant les souvenirs de tous types de spectateurs, mais aussi de techniciens et administratifs de la maison, nous souhaiterions, non pas réveiller le fantôme de la nostalgie, mais rendre hommage, à l’heure où le bâtiment rénové s’apprête à ouvrir de nouveau ses portes, à ces grands moments de spectacle vivant, par une mémoire vivante.
Contactez la responsables de l'enquête en cours : Anne Pellois