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Mariette Navarro

Portrait d'auteur : Mariette Navarro

Son portrait

Diplômée en dramaturgie de l’École Supérieure d’Art Dramatique du Théâtre National de Strasbourg, elle partage son activité professionnelle entre l’écriture et le travail dramaturgique dans différentes structures en lien avec l’écriture théâtrale contemporaine.

Elle a notamment travaillé au Centre des Auteurs Dramatiques de Montréal (2007, 2011), à la Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon (2007), à Théâtre Ouvert (2008, 2010), au Théâtre Paris-Villette (2009), et fait partie du comité de lecture du Théâtre national de la Colline. Elle est aussi dramaturge auprès de Dominique Pitoiset au Théâtre National de Bordeaux en Aquitaine pour la création de Qui a peur de Virginia Woolf ? d’Edward Albee (2009) et Mort d’un Commis Voyageur d’Arthur Miller (2010), auprès de Matthieu Roy pour Qui a peur du Loup ? de Christophe Pellet (2011) et auprès de Caroline Guiela pour Se souvenir de Violetta (2011).

Son texte Alors Carcasse est paru chez Cheyne éditeur en mars 2011. Le second, Nous les vagues, a obtenu les encouragements de la commission d’aide à la création du Centre National du Théâtre (décembre 2010), il est paru chez Quartett éditions en mai 2011.

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Ses textes publiés

Alors Carcasse (2011)

Il s’agit de la description poétique, et, j’aimerais, épique, d’un corps, « Carcasse », immobile au bord d’un seuil. D’autres sont autour, tracent des mouvements, observent et se rapprochent. Mais le personnage ne fait pas partie du flux qui emporte les autres.

Ce personnage, qui tout au long du texte n’est défini ni au féminin ni au masculin, se veut emblématique d’une position dans le monde, celle d’un arrêt, d’un blocage, mais aussi d’une résistance.

J’aimerais qu’on puisse lire dans le mouvement de ce corps qui se déploie puis se replie brutalement, tout autant une histoire individuelle faite de sensations et d’anecdotes minuscules, qu’une histoire collective et politique : celle d’une résistance aux flux, et, en négatif, le tableau d’une oppression et de la façon dont elle agit sur la verticalité des êtres.

En mettant en scène un corps face à d’autres corps, je m’intéresse aussi à une position d’extrême fragilité, d’extrême précarité, d’extrême solitude.

Le texte n’est pas écrit à la première personne, puisqu’il me semble que le corps dont il est question se situe en-deçà du « je », de l’individualité affirmée, dans un moment où la conscience s’éveille à peine à elle-même. Carcasse, avant d’être un sujet, est un morceau du monde par lequel passent l’air, les mots et les images.

C’est parce que j’aimerais que la situation de ce corps arrêté – volontairement ou non –  puisse être lue politiquement sans pour autant être didactique, que j’ai choisi de travailler sur une forme poétique, privilégiant la précision de la langue et du rythme, l’oralité et les images.

Le texte se présente comme une description linéaire, une tentative d’appréhension extérieure de Carcasse. Chaque paragraphe doit être considéré comme un nouveau souffle, une nouvelle tentative pour le corps de Carcasse de s’affirmer et de se déployer. Mais aussi comme un nouveau point de vue sur Carcasse, ou encore une nouvelle situation, un nouveau paysage dans lequel pourraient se trouver le personnage et son immobilité vertigineuse.

On pourrait rêver que Carcasse pour les oreilles et les imaginaires soit tour à tour au sommet d’un plongeoir ou d’une montagne, sur une falaise au-dessus des vagues, dans une cour de récréation... ou un théâtre.

M.N.

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Nous les vagues (2011)

Nous les vagues est une exploration de ce que « nous » veut dire, à travers cinq parties, qui sont autant d’états d’un groupe, de sa force et de ses convictions.

Un groupe tente d’abord d’apparaître. De sortir de l’ombre. Pour se préparer à un coup d’éclat, une révolution, peut-être. Chaque nouveau paragraphe est une tentative. De fédérer. D’avancer. De raconter. De maintenir en vie. Chaque prise de parole doit demander un effort incommensurable pour aller un peu plus loin que la précédente. Apporter sa goutte d’eau à l’océan des idées.

Des corps et des voix essayent d’exister ensemble, de s’accorder. De raconter ensemble. Jusqu’à ce qu’un personnage doive prendre en charge à lui seul l’ensemble du rêve.

Il s’agit d’entremêler l’individuel et le collectif, l’intime et le politique, en proposant un parcours du groupe à la personne, du « nous » au « je ». En resserrant progressivement le cadre. En faisant émerger des visages dans une foule d’abord anonyme. En s’arrêtant sur les doutes, les échecs et les contradictions dans une communauté en marche : rétrécissement progressif de la vague, repli sur soi.

Nous les vagues est un texte sur l’imaginaire de l’action collective. C’est l’histoire d’un mouvement, avec ses contrariétés et ses évidences.

Nous les vagues tente de mettre en forme sur la page le flux et le reflux des espoirs et des convictions, en commençant par le gonflement des poitrines et en allant jusqu’à la fragilité du dernier souffle.

Il s’agit peut-être, aussi, d’une histoire d’amour.

M.N.

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Lire un extrait de la pièce

Les Célébrations (2011)

Autrefois ils ont formé un groupe, une classe, une association. Sur l’invitation de l’un d’entre eux, ils sont aujourd’hui réunis autour d’un buffet campagnard pour célébrer leurs retrouvailles. Mais les chemins ont divergé, entre eux les écarts se sont creusés. A travers les gestes et les pensées des uns et des autres, portrait par petites touches d’une génération où tous ne regardent pas exactement dans le même sens.

Écrit à l’occasion d’un exercice de mise en espace lors de ma formation au Théâtre National de Strasbourg, il est aussi né d’un besoin d’interroger ma génération sur ses perspectives, son engagement, et ses prises de position. Regardons-nous vers l’avant ou vers l’arrière ? Quelle image voulons-nous laisser à ceux qui nous suivront ? Serons-nous de ceux qui se fabriquent du confort ou qui creusent les brèches ? Avons-nous réellement envie de tenir dans le cadre qu’on nous a préparé ?

Ce texte est également né d’un désir, qui ne m’a pas quittée depuis,  d’interroger la choralité, le collectif, et la façon dont se distribuent, dans un groupe donné, la parole et les énergies.

M.N.

Pour citer ce document

, «Portrait d'auteur : Mariette Navarro», Agôn [En ligne], Mariette Navarro, Portraits, mis à jour le : 14/06/2011, URL : http://agon.ens-lyon.fr/index.php?id=1692.