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Philippe Malone

Portrait d'auteur : Philippe Malone

Son portrait

Philippe Malone est écrivain et photographe. Il a écrit une dizaine de textes dont Pasaran, Titsa, Morituri, III, L’entretien ou encore Septembres, joué aux Rencontres de la Chartreuse lors du Festival d’Avignon 2009 et lors du Festival Face à Face en Italie en 2010. Ses textes sont régulièrement lus, joués, ou mis en onde, en France et à l’étranger. Il est traduit en allemand, polonais et italien.

Il vient de terminer une comédie musicale, Lost in a supermarket pour Laurent Vacher-Compagnie du Bredin, avec qui il collabore depuis dix ans, en Lorraine.  

Il travaille aujourd’hui les musiciens Franck Vigroux (album Brocken Circles) et Franco Manarra, ou le metteur en scène et plasticien Christian Giriat. Il coécrit aussi dans le groupe Petrol, avec les écrivains Lancelot Hamelin, Sylvain Levey et Michel Simonot.

Il a été boursier du C.N.L. en 2001 et en 2008 (bourse de création pour Septembres), et a reçu l’aide à l’écriture en 2003 pour III (Ministère de la Culture). Plusieurs aides à la création lui ont été accordées depuis 2000 pour ses différents textes.

Il est publié aux éditions Les Solitaires Intempestifs, Quartett et Espaces 34.

Ses textes publiés

Septembres (2009)

Septembres fait entendre la voix intérieure d’un enfant, qui sort de sa chambre, traverse les ruines de sa ville, gravit la colline et parvient au sommet sous les bombardements. Sa descente sera une métamorphose de l’enfant en jeune homme qui pourrait devenir poseur de bombes.

« Le texte nous introduit au plus profond de soi, là où, confrontée à la mort, à la violence physique, à la violence politique, à la destruction, la raison cède au poème. Alors, le corps reste seul, avec, comme unique chemin, ses mots à prononcer. » Michel Simonot

Philippe Malone, comme dans tous ses textes, remet en question l’ordre du monde et ses formes de domination. Ici il choisit la forme d’un long poème d’une seule phrase dans lequel la langue et sa reproduction graphique sont le reflet du chaos du monde et du trouble de la raison.

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Morituri / Les Prometteuses (2009)

Outre les guerres de pouvoir, il est également question dans ces deux textes du meurtre des mères, de harcèlements physiques ou moraux, d'humiliations, des folies et des haines ordinaires. En cela Morituri et Les Prometteuses se répondent admirablement, comme à travers un miroir dans lequel l'horreur se mirerait et dirait : le goût du meurtre n'a pas d'âge ni de sexe. Ces textes cruels et oniriques cacheraient-ils un discours politique (politikos, qui concerne les citoyens) ? La réponse se trouve dans d'autres questions que semble poser l'auteur : savez-vous que c'est souvent par les urnes qu'arrivent les dictateurs, savez-vous que sans conscience et résistance rien ne peut plus arrêter l'orgie, comment mettre fin au cercle infernal de la vengeance et du sang ?

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L’Entretien (2007)

L’entretien est une pièce sur le monde du travail au sein d’une grande entreprise.
Elle s’articule autour de la parole et des pensées de trois femmes, emblématiques du monde du travail : la cheffe d’entreprise, la mère également syndicaliste, et la fille de celle-ci qui passe l’entretien d’embauche dans l’entreprise.
En arrière-fond le chœur des employés.

La forme du texte permet un passage très rapide de l’une à l’autre de ces femmes, cherchant à rendre ce qui se joue aussi bien sur le plan personnel que sur le plan de la réalité socio-historique qui les entoure et les détermine.

Ni naturaliste ni relevant de la science-fiction, L’entretien évoque le monde du travail d’aujourd’hui, dans la complexité de ces enjeux et de sa réalité au quotidien.

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III (2007)

III réinterroge la notion de pouvoir - des pouvoirs - aujourd’hui, plongée au milieu des contradictions (parfois seulement apparentes) et des nouvelles passions contemporaines.

L’abord politique (et donc économique), s’il constitue le socle de cette pièce, dut rapidement être dépassé, afin de se défaire des positions idéologiques, et pour mieux s’intéresser à fouiller, à travers le personnage emblématique de Richard, la notion même d’humain. La poétique de la langue, les rythmes et ruptures, les situations devinrent alors l’axe principal du travail pour tenter d’approcher au plus près ces problématiques, et mieux les détruire.

Richard est le produit d’une époque
Le produit manufacturé d’une époque qui « consomme ses propres enfants »
En perte de désirs et de sens
(Et qui lui en voudrait quand l’envie, quantifiable et facilement rassasiée, a supplanté le désir ?)

Mais Richard est aussi un produit de luxe, qui peut, grâce au pouvoir hérité par le sang (la puissance), changer le cours des choses
Richard n’a pas eu d’enfance
Il n’a pas connu cette « révolution étouffée » de l’enfance
C’est elle qu’il cherchera à reconquérir dans cette pièce
C’est elle
Avec l’aide de l’argent
Avec l’aide des lâchetés et des peurs
Avec l’aide de son nom
Qu’il cherchera à imposer
Avec, il l’espère, à la clef
Le désir

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Titsa (2005)

Nos maris ont quitté ce village pour en défendre d’autres / Ils se battent dans des ruines qu’ils protègent comme leur peau / Prêts à signer de leur sang les murs de chaque maison / Nos maris creusent des tranchées qui se ferment sur eux lorsque la mort survient / C’est ainsi qu’ils s’éteignent / Ravalés par le sexe de la terre / Parfois vos hommes se perdent et tombent dans ces ventres / DE TELS SEXES ONT-ILS UNE PATRIE / (L’histoire‚ soldats‚ les confondra) / Comme la terre confond ses fils / Sur chaque sexe clos pousse désormais une tombe / Les cimetières sont nos temples / La guerre nous a rendu maîtresses dans l’art de les construire / Où sont nos maris / Nos ventres les réclament

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Pasarán (2000)

Les bonnes fortunes usinent le monde
Elles font et défont les pays
Et les hommes
Sans objections
Ni entraves
Voilà la seule réalité qui mérite d’être nommée
La vérité que vous présentez n’est que le reflet mensonger
De la réalité que j’exerce
Vous seriez misérable sans mes talents pour vous rehausser
Ce siècle n’est plus fait pour la vérité, monsieur Fat
Vous agitez son cadavre devant des foules affamées
Avec l’ardeur d’une hyène au sommet d’un charnier
Mais que cela ne vous abuse pas
C’est la fascination du charnier qui rend les foules attentives
Pas ce que vous tentez de leur dire
La nécessité contre la vérité
Le reste n’est qu’illusion
Une illusion de plus, monsieur Fat
Les illusions s’évanouissent vite
Pas la nécessité

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Pour citer ce document

, «Portrait d'auteur : Philippe Malone», Agôn [En ligne], Philippe Malone, Portraits, mis à jour le : 01/03/2012, URL : http://agon.ens-lyon.fr/index.php?id=2208.