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(2013) N°6 : La Reprise

altSi certains la brandissent comme une résistance au renouvellement permanent, à l’exigence d’innovation, à l’obsolescence des formes éphémères du spectacle vivant, d’autres voient au contraire la reprise comme une façon de remplir les salles en temps de crise, d’autres encore la considèrent comme nécessaire, évidente, comme une façon constructive de créer en prenant en compte ce qui a déjà été fait. En dehors de certaines tentatives nostalgiques d’accéder à un passé dont on refuse la perte, tous invitent à dépasser le paradigme du nouveau et de l’ancien, afin de créer entre l’histoire et présent des dialogues plus fertiles.
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Dirigé par Alice Carré, Marion Rhéty et Ariane Zaytzeff et faisant suite à une vaste enquête sur la reprise en 2012 d’ Einstein on the Beach de Bob Wilson, ce dossier explore les pratiques et implications de la reprise pour interroger la mémoire et l’oubli, dans son histoire comme dans celle plus large de nos sociétés.


La première partie « La reprise comme monument » invite à considérer le désir de reprise comme un changement du rapport de nos sociétés à l’histoire. Elle interroge la constitution d’un patrimoine immatériel dans les arts vivants, qui réunit dans un même élan le Sacre du Printemps et la performance en Europe comme aux Etats-Unis, avant-gardes devenues monuments.


La deuxième partie s’intéresse à « La reprise au présent », désignant par là la nécessité de faire l’expérience du passé, d’incarner une certaine histoire, pour questionner le temps présent. Benjamin distingue deux types d’œuvres d’art, celles créées avant ou après l’écriture d’une histoire de l’art, invitant les secondes à performer cette histoire, ses processus, ses récits, ses fictions.


« Renouveler le contexte, questionner l’institution », la troisième partie, aborde la reprise dans ses relations avec un contexte politique, économique et social, la pensant dans un aller-retour entre les intentions, la réception et les conditions d’existence.


S’il y a reprise, c’est qu’il y a d’abord prise possible sur le passé. La quatrième partie met en lumière la diversité des « Pratiques de la reprise », les procédés utilisés pour garder trace, récupérer, citer, compiler, transmettre et s’approprier, en bout de course pour faire émerger une forme, un interprète, une dramaturgie, une communauté théâtrale.


La cinquième et dernière partie se présente sous la forme d’un dossier artistique autour de Rétrospective de Xavier Le Roy, faisant la part belle à la parole des interprètes sur le mode de la polyphonie. La reprise, au sens de combustible, de recyclage, c’est « Montrer ce qui est vivant ». Ce qu’on reprend, c’est moins le redoublement de l’œuvre que le redoublement de l’activité créatrice.