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(2008) N°1 : Interstices, entractes et transitions

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L’illusion continue, comme la réalisation d’une parfaite continuité narrative ou dramatique, au théâtre, sont utopiques. Et si, parfois, elles se situent à l’horizon d’un idéal, le théâtre, à tous égards, affiche toujours son incapacité à fabriquer ce continu dramatique dont on a tant de fois rêvé. Ainsi, tout spectateur est simultanément sensible à la réalité qui l’entoure (la séance) et à celle de l’action dramatique ; il ne peut que passer de l’une à l’autre en s’appuyant concurremment sur ses passions et sur sa raison, dans le spectacle et dans la fiction.
Qu’est-ce en effet qu’un spectacle, sinon une attente réitérée lors d’une série de noirs entrecoupés d’éléments figurés disjoints, qui peuvent (mais ne doivent pas nécessairement) s’articuler à l’intérieur d’un mouvement linéaire, avec sa syntaxe particulière (qui recourt parfois à la disjonction et se termine souvent par un “ bouquet final ” qui est une sorte d’acmé au bord du gouffre noir) ?  Sont alors essentielles, la discontinuité des effets à l’intérieur d’un spectacle, la collection d’émotions brutales, attendues, désirées, qui peuvent donner lieu au plaisir ou à sa déception.
Christian Biet, Introduction, premiers paragraphes.

Dossier réalisé avec le parrainage de Christian Biet (Université Paris X – Nanterre)
Sous la direction de Sylvain Diaz (Université Lumière – Lyon 2) et Olivier Normand (E.N.S.-L.S.H.).